
Ces trois filles de la République (et petite fille de l'Eglise...) si elles sont égales en dignité sur le fronton des mairies, le sont moins dans l'intérêt de nos concitoyens, du moins en apparence.
Fraternité. C'est probablement le mot de la devise républicaine que l'on entend le moins souvent prononcer. On pourrait se demander pourquoi on lui préfère "solidarité", "respect", "tolérance" qui ne sont en fait que de vagues cousins éloignés.
Pourtant, l'enjeu pour notre société ne se trouve-t-il pas dans cette idée de relation gratuite entre des personnes qui sont liées par la vie qu'elles partagent ?
La fraternité, le fait de regarder l'autre comme un frère, ou une soeur, et ce, malgré les différences de caractère, de comportement, de conviction, n'est-ce pas la condition pour sortir d'un isolement égoïste, qui attend tout de la collectivité sans s'interroger sur ce que nous pouvons y apporter ?
Puissions-nous avancer sur ce chemin. Tout d'abord entre adultes des communautés éducatives, puis avec les jeunes qui nous sont confiés.
Jérôme Brunet
Directeur diocésain
A la rentrée, nombre d’anciens élèves se souviendront, plus émus que d’habitude, de leur ancienne école à jamais associée aux visages des camarades et des enseignants de leur jeunesse : désormais, la vie de Saint Vincent se déroulera avenue Samuel de Champlain, dans la ZUP, et non plus au centre de Blois.
Certains le regretteront. A tort. La Vie, c’est le mouvement, pour nos écoles aussi ! Et ne doit-on pas voir un signe dans la nouvelle adresse de ce vénérable établissement ? Avenue Samuel de Champlain : l’homme symbolisant la France du XVIIème siècle découvrant le Nouveau Monde !
Car c’est bien un Nouveau Monde qu’il nous faut découvrir ! La grande Histoire rejoint ici la nôtre, plus modeste, mais tout aussi prometteuse de découvertes et d’ouverture à l’autre : saurons-nous, mieux que nos ancêtres, explorer cette nouvelle "terra incognita" et aller fraternellement, au nom du Christ, à la rencontre des enfants et des familles de nos nouveaux quartiers ?
Enfants, parents, enseignants, sous l’impulsion de la Fondation Victor Dillard, nous parions que oui !
Nicolas ALIX
Directeur de la Fondation Victor Dillard

Quel titre !
Je me souviens encore de l'électrochoc qu'il produisit en moi la première fois que je lus ce livre de
Thomas d'Ansembourg. Electrochoc, puis sourire, puis rire. En effet, cela faisait tellement "mouche" que c'en était presque comique. Et pourtant !
Comment se fait-il que des personnes qui - toutes, n'en doutons pas - souhaitent vivre heureuses, dans la paix avec les autres, se retrouvent en souffrance, avec le sentiment d'être incomprises ?
Comment se fait-il que ces mêmes personnes, toujours pleines de bonnes intentions, font à leur tour souffrir les autres ? Involontairement, évidemment !
Comment est-il possible que dans nos établissements (pourtant "catholiques", avec un projet fondé sur l'Evangile) tant d'adultes disent que la première chose à travailler est le vivre ensemble ?
Thomas d'Ansembourg, dans son livre met le doigt sur le problème fondamental de nos relations humaines : nous voulons tous être gentils. Tellement gentils que nous finissons par oublier ce que nous sommes, nos besoins, nos aspirations. Bref, nous ne sommes pas "vrais" avec les autres, le plus souvent, par peur de ne plus être aimés.
Et c'est bien cela qui provoque toutes ces complications dans nos relations quotidienne, à la maison ou sur le lieu de travail.
Les communautés éducatives de l'Enseignement catholique de Loir-et-Cher vont travailler toute la journée du vendredi 26 novembre prochain cette question avec Thomas d'Ansembourg. Nous serons plus de huit-cents personnes au palais des sports de l'A.D.A. pour cette journée exceptionnelle.
Puisse cette journée nous donner - à tous - un nouvel élan pour vivre des relations justes, épanouissantes dans nos établissements, avec les enfants, mais aussi (et surtout ?) entre adultes.
Jérôme Brunet

Il y a quelques jours, je recevais le courrier d'une personne qui me disait qu'elle ne viendrait pas à la "Soirée de l'enseignement catholique" car elle avait été trop blessée par notre institution. Elle ne s'était pas sentie suffisamment écoutée et respectée dans sa mission.
Nous savons bien qu'il y a parfois un fossé entre ce que nous rêvons d'être, ce que nous disons être et ce que nous sommes vraiment. C'est aussi vrai pour notre institution.
Ici et là, de plus en plus, des personnes prennent conscience de la souffrance qui se vit dans nos établissements et nos instances : violence des relations entre les jeunes, entre les jeunes et les adultes, mais également entre les adultes. Combien de non-dits, d'incompréhension, de conflits non résolus, de jugements, de peurs ?
Ce serait désespérant si nous n'avions pas d'issues pour avancer et progresser. Parmi les chemins, les évêques de France, dans le texte d'orientation pour la catéchèse, rappellent celui du "Christ qui sans cesse s'approche, rencontre, cherche la relation, appelle à la conversion et à la foi".
Chercher la relation.
C'est sans doute, pour nous, bien plus qu'une idée parmi d'autres, c'est tout un programme !
Plusieurs établissements, dans notre diocèse et ailleurs, se mettent en route pour se former à l'art de la relation : Comment se dire ? Comment recevoir ce que l'autre a à dire ? Comment vivre au mieux un conflit ? Comment gérer ses émotions, etc. Trois formations sont proposées d'ici à la fin de l'année, ouvertes aux membres des établissements.
C'est le début d'un chemin.
Il promet d'être passionnant pour tout ceux et celles qui l'emprunteront.
Jérôme Brunet
Directeur diocésain