« Heureux les pauvres de cœur : le royaume des cieux est à eux ». Mt 5,3
Il y a certaines paroles du Christ qui, avec le temps, risquent de ne plus nous bousculer.
En effet, par confort, par égoïsme, ou par peur de laisser ce qui nous apparaît comme nécessaire, il est possible de comprendre cette parole sans en voir les appels ultimes auxquels elle nous invite.
La pauvreté de cœur dont nous parle Jésus consiste d’abord à reconnaître nos propres pauvretés afin d’accueillir celles des autres.
C’est alors que j’entre dans une dynamique de don de soi : j’ai des pauvretés, je suis donc capable d’accueillir et d’accepter celles des autres : j’entre dans ce qu’on appelle le véritable amour.
Celui qui se reconnaît pauvre a besoin des autres. Celui qui se reconnaît pauvre a besoin de Dieu. Celui qui se reconnaît pauvre sait reconnaître le besoin des autres.
Voilà pourquoi Mère Térésa écrivait :
« Pour aimer, il faut donner. Pour donner il faut être libre de tout égoïsme, avoir le courage de la pauvreté. »
En cette année du sacerdoce, de belles figures nous sont proposées pour nous montrer que de petites choses ont largement contribuer à un développement humain et spirituel des hommes et des femmes d’un temps déterminé.
Que le Curé d’Ars, dont on raconte qu’il « était riche pour les autres et pauvre pour lui-même » nous aide en cette nouvelle année à entrer dans cette dynamique, c’est certainement la grâce que nous pouvons mutuellement nous souhaiter.
Père Etienne Guillot,
Aumônier Collège et Lycée
Sainte Marie de Blois